Les vins de Bordeaux étouffent l'information et persécutent une lanceuse d'alerte
La transparence n’est pas la caractéristique première des Vins de Bordeaux. On a pu le constater avec l’acharnement qu’ils ont mis à faire payer au prix fort la révélation que leur vins certifiés « Haute Valeur Environnementale » (HVE) contenaient des pesticides. Ces faits ont été rendu publics par une lanceuse d’alerte, Valérie Murat, en 2012, fille de viticulteur, décédé d’un cancer reconnu comme maladie professionnelle.
Valérie Murat, militante d’une petite association locale (Alerte aux toxiques), a fait depuis l’objet d’une vindicte de la part du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB). Dans un premier temps, le lobby alcoolier local a obtenu une condamnation en première instance à Libourne, à 125 000€ pour avoir diffusé une information « volontairement anxiogène ». Le tribunal avait, en outre, condamné Valérie Murat à supprimer sa diffusion sur tout support numérique sous peine d’astreinte financière. Il est évident que le CIVB a les moyens d’avoir recours à des cabinets d’avocats particulièrement retors qui lui ont permis de censurer une information factuelle. Le CIVB avait réagi avec la même colère quand Elise Lucet avait révélé que la viticulture française, qui représente 5% des surfaces cultivables, consommait 20% des pesticides.
Le CIVB a ensuite utilisé tous les artifices de procédure pour que Valérie Murat ne puisse se pourvoir en appel, ce qu’elle a néanmoins réussi à faire grâce au soutien financier d’amis et militants associatifs.
L’attitude du CIVB est révélatrice des méthodes d’un lobby qui cherche à tout prix à cacher l’information transparente sur la (non) qualité de ses produits. Ces procédés rappellent à tous les acteurs de la santé publiques les pratiques honteuses de l’Industrie du tabac avant que la justice américaine ne la condamne à des amendes records.
Valérie Murat a rendu public une information qui intéresse tous les consommateurs qui ont droit à une information honnête et transparente sur les produits qui leur sont proposés afin qu’ils se déterminent en pleine connaissance. Valérie Murat a déjà démontré que la certification HVE n’avait qu’une valeur très relative dans le Bordelais, ce qui devrait conduire le CIVB, fort de sa puissance, à améliorer sa production plutôt qu’à cacher des faits avérés par tous les moyens possibles
Nous attendons de la justice qu’elle protège le droit à l’information contre les procédures destinées à bâillonner les lanceurs d’alerte et nous exprimons tout notre soutien à Valérie Murat dans son action d’information courageuse.

Bernard Basset, Président d’honneur